Zoom sur les négociations (complémentaire santé)

Monday 19 December 2011
par  CGI
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En dehors de l’élu CGT, les autres élus n’avaient, semble-t-il, guère d’avis sur le sujet. Leur position tenait dans la laconique déclaration suivante :

Les élus notent la position favorable unanime des organisations syndicales représentatives sur ce projet accord.

Pourtant les remarques et questions des salariés, avisés quelques jours auparavant, ne manquaient pas :

  • Pourquoi un tarif aussi élevé au regard de garanties dégradées ?
  • Pourquoi l’effet nombre (cumul des effectifs), induit par la fusion des GIE ne permet-il pas de tirer les prix et profiter ainsi aux salariés ?
  • Pourquoi la réduction globale du nombre d’informaticiens induit par le SI Unique ne conduit pas à une augmentation individuelle de la participation employeur pour chacun des salariés de l’UES ?
  • Pourquoi les économies substancielles engendrées par la construction du SI Unique ne profitent-elles pas un peu à l’amélioration des conditions de travail et de vie des salariés qui en sont les créateurs ?

Devant le mécontentement bien justifié des salariés, les élus ont demandé à la Direction l’ajout d’une seconde option pour améliorer un niveau de garantie jugé insuffisant par les salariés. Bien sur cette option supplémentaire sera à charge du salarié.

Les questions que se posent les salariés mettent clairement en avant la problématique du partage des richesses ainsi qu’une stratégie d’entreprise qui ne vise qu’à satisfaire les intérêts des actionnaires.

La restructuration qui conduit de cinq GIE à deux, de cinq systèmes d’informations à un seul et unique, de 2500 informaticiens à moins de 1500, abaissera dés 2013 les coûts informatiques, pour permettre aux Caisses régionales de gagner plus de 100 millions/an sur ce poste. Pourtant aucun effort n’est réalisé en faveur des salariés qui, du fait de cette restructuration nationale, qu’ils n’ont pas choisi, paieront plus cher leur complémentaire santé (le tarif des complémentaires santé étant, en partie, adossé aux nombres de grandes agglomérations couvertes).

Mais le débat ne doit en aucun cas se limiter à cette problématique, une attaque beaucoup plus grave et insidieuse est menée contre le droit fondamental et universel d’accès aux soins et à la santé.

Ce droit universel revendiqué, dés 1943, par le programme du conseil national de la résistance, dans une France exsangue, trouvera tout son corps dans l’institution de le Sécurité Sociale. Ambroise Croizat, alors « ministre des travailleurs », s’acharnera à mettre en place cette remarquable institution, en 28 mois seulement, entre 1945 et 1947. Mais le fondateur de la Sécu nous prévenait, déjà : « Ne parlez pas d’acquis. En face, le patronat ne désarme jamais. »

Ainsi le syndicat de l’informatique Crédit Agricole CGT à recentrer le débat par la déclaration suivante :

En 2011, la Sécurité Sociale est présentée comme une « charge » par les gouvernements, le patronat, leurs « experts » et la plus grande partie des médias qui cultivent l’image culpabilisatrice du « trou de la Sécurité Sociale ». Si l’institution vit au-dessus de ses moyens, ne serait ce pas qu’elle gaspille ou fait des dépenses inutiles ? On insinue mauvaise gestion, dilapidation. Il est beaucoup question de « surconsommation médicale » !

Arguments fallacieux mis en avant pour fliquer les assurés, rationner l’hôpital, les médicaments et les malades, élever l’âge de la retraite et diminuer son montant.

Ces campagnes de dénigrement ont périodiquement alimenté les réformes qui ont ouvert la voie aux atteintes et restrictions des droits des salariés : franchises, non remboursement de médicaments, « profil médical », autant d’atteintes au régime !

On érige en un dogme, le principe selon lequel le taux de croissance des dépenses sociales ne doit pas dépasser celui du PIB alors que le poste « dépenses » de la protection sociale est influencé par le nombre des bénéficiaires, leur âge, leur état de santé, le coût des médicaments, de l’imagerie médicale, des progrès thérapeutiques, mais aussi par l’évolution, pas toujours favorable, des conditions de travail, l’insuffisance de la prévention et la faiblesse des politiques publiques en matière de santé dont les salariés sont les premiers à subir les effets, comme le montrent les inégalités sociales devant la mort.

S’agissant des recettes, elles sont dangereusement réduites par la recherche constante de l’augmentation des profits, menée par des entreprises qui, comme le Crédit Agricole, dégagent pourtant des milliards de gain y compris en pleine crise financière. Leurs politiques de rationalisation et restructuration permanentes engendrent un chômage massif, une insuffisance criante des salaires et un assèchement de l’assiette des cotisations. Les recettes sont substantiellement amoindries par les cadeaux faits au patronat. Ainsi, entre 1991 et 2008, les exonérations de cotisations patronales ont atteint 260,6 milliards.

Les attaques contre la Sécurité Sociale se poursuivent, sous influence des assureurs, par la mise en place de complémentaires santé qui participent aux atteintes graves de droits fondamentaux et opèrent délibérément un recul social majeur, une régression de civilisation, en s’appuyant sur la crise systémique.

Ainsi après avoir miné le fleuron des systèmes sociaux, reconnu par le monde comme le meilleurs, celui là même qui a permis à la population française de mieux résister à la crise de 2008 - de l’aveu même des plus libéraux – et bien, les complémentaires santé proposées par les entreprises deviennent, de fusion en restructuration, au Crédit Agricole Mutuel comme ailleurs, de moins en moins accessibles à leurs salariés ; lesquels sont parfois condamnés à réduire le niveau de protection de leur famille pour l’adapter aux modestes revenus qu’ils reçoivent.

Ce système de complémentaires santé individuelles, vers lequel certains voudraient nous pousser, va strictement à l’encontre du principe de Sécurité Sociale institué par Ambroise Croizat, principe selon lequel chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins : sa santé, son âge, et la composition de sa famille.

Nous devons au ministre Ambroise Croizat l’instauration du salaire socialisé, c’est-à-dire la mise en commun d’une partie de la rémunération du travail de chaque salarié pour faire face aux besoins universels que sont la santé et les retraites.

Cette partie du salaire, ce sont les cotisations sociales patronales et salariales, indûment dénommées « charges ». En 2008, les exonérations de cotisations sociales patronales - uniquement - ont atteint 32 milliards d’euros, soit trois fois le déficit de la Sécurité Sociale, toutes branches confondues.

Ces cadeaux faits aux entreprises, dont profitent le Crédit Agricole y compris les GIE CA Technologies et CA Services, constituent des déficits qui entrent dans la dette souveraine, que le peuple paie majorés d’intérêts, qui justifient rigueur et reculs sociaux et sont autant d’argent qui abreuve les profits records enregistrés chaque année par les entreprises du CAC40.

Alors, comme Ambroise Croizat le dit et le fit au sortir de la guerre : « exigeons le rétablissement et le développement du plan complet de Sécurité Sociale, géré par les intéressés et l’Etat, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail » et plus « Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la Sécurité Sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la dernière énergie cette loi humaine et de progrès… » selon Ambroise Croizat en 1951.

Dans le contexte actuel d’attaque permanente du Régime Universel de Sécurité Sociale, le syndicat de l’informatique Crédit Agricole CGT juge indispensable de combattre toutes les actions préjudiciables au système universel. Il ne se laissera pas conduire vers la mise en place de systèmes complémentaires qui, par principe, s’opposent à l’instauration d’un droit universel d’accès à la santé pour TOUS, quand bien même on voudrait nous laisser croire que ces systèmes complémentaires seraient moins défavorables aux intérêts des salariés.

Ainsi le syndicat de l’informatique Crédit Agricole CGT n’est pas favorable à ce projet d’accord.


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