Crédit agricole … 6 milliards d’euros à la roulette

vendredi 19 septembre 2008
par  Ben
popularité : 1%

La CGT, tant dans son positionnement que dans ses actions, n’a eu de cesse de dénoncer les pratiques du groupe amorcées dès la privatisation (par les Caisses Régionales) de l’organisme public de Crédit Agricole qu’était la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA) pour le transformer en CASA (Crédit Agricole Société Anonyme), aujourd’hui côté en bourse. Le libéralisme le plus débridé s’étant mis en place en ayant pour doctrine la régulation par le marché a singulièrement accentué les dérives, en particulier, par la spéculation financière (...)

En mai 2008, dans la même semaine que l’Assemblée Générale des actionnaires, a été convoquée également la quasi-totalité des Comités d’Entreprise du groupe Crédit Agricole en vue de procéder à une nouvelle augmentation de capital à hauteur de 5,9 milliards d’euros, après une augmentation de 3,6 milliards en début d’année.

La dure réalité : les banques centrales, institutions publiques, ont du voler au secours des banques privées et des actionnaires en injectant des centaines de milliards d’euros pour éviter la faillite pure et simple de celles et ceux d’entre eux qui ont le plus spéculé sur les crédits risqués au mépris de toutes les règles prudentielles, déontologiques et professionnelles (Le monde du 10 septembre 2007 titrait « crise financière ou scandale bancaire »). En fait, la crise revient régulièrement et de plus en plus souvent parce que les acteurs trichent en toute conscience.

C’est proposer au prix le plus élevé une enveloppe que le vendeur lui-même cherche à acheter au prix le plus bas. Que ce soit du blé, du pétrole, des logements ou du crédit … le système de la spéculation reste le même. Tromper sur la valeur du bien, organiser la pénurie, s’assurer une position dominante, recourir à la pression voire à la force, les moyens sont bien connus.

Il suffit de se rappeler les écrits de Robespierre sur la question des subsistances qui ont inspiré, il y a deux siècles, la lutte contre les famines organisées et la Révolution Française, puis la démocratie et la République.

Si les salariés vont subir de plein fouet les économies annoncées sur leurs rémunérations, sur la dégradation de leurs conditions de travail et sur le niveau d’emploi, les clients des banques sont également menacés en tant que déposants et épargnants.

Les banques les font rêver à des rendements toujours plus élevés. En fait, elles spéculent à tour de bras sur des produits financiers de plus en plus opaques, incorporant des parts des différentes bulles spéculatives, que ce soit des marchandises (blé, pétrole, minerais …), du travail humain sous rémunéré, des suppressions d’emplois (les licenciements boursiers), ou des services (internet, les nouvelles technologies …), voire le sport, ou des monnaies elles-mêmes.

En 2005, hors marché des changes, les transactions sur les produits dérivés d’actions, de taux d’intérêt et de matières premières atteignaient 5.000 milliards de dollars par jour sur les places financières mondiales, alors que le PIB mondial journalier n’était que de 150 milliards de dollars !

Il est paradoxal que les banques centrales, publiques, qui s’acharnent à limiter l’inflation et la croissance du pouvoir d’achat des ménages à 1% ou 2%, autorisent, en les alimentant comme on l’a vu dans la crise, les marchés financiers à promettre des rendements de 15 à 20%, voire plus, pour les actionnaires.

La crise doit aussi alerter sur les risques explosifs de tout système d’épargne retraite par capitalisation livré aux banques, assurances et marchés financiers.

Pourquoi refuser les financements utiles aux systèmes de protection sociale et de retraite par répartition, alors que les plus hautes autorités de régulation monétaire et financière arrosent de centaines de milliards d’euros les banques et les marchés financiers, ce qui va provoquer une nouvelle bulle de liquidités à la recherche de nouvelles niches spéculatives ? et que font les autorités politiques ?

Il y a plus d’un siècle naissait le Crédit Agricole, coopératif et mutualiste parce que les financiers ne voulaient pas prendre le risque des aléas climatologiques de l’agriculture qui avait pour mission première de produire en quantité et en qualité des denrées alimentaires aptes à subvenir aux besoins de la nation. On connaît aujourd’hui l’efficacité de ce système tant pour l’agriculture que pour le Crédit Agricole.

Le Crédit Agricole traditionnellement excédentaire en collecte est devenu déficitaire et doit emprunter des dizaines de milliards sur les marchés financiers, lesquels nous guettent depuis l’introduction en bourse et poussent à l’abandon du mutualisme, du capital verrouillé de CASA.

A ce stade, la CGT estime que nos dirigeants doivent cesser de nous raconter des histoires. Tout doit être mis sur la table et au net. _ Personnel, sociétaires, clients ont droit de regard et droit à la parole.

Le personnel et ses représentants doivent pouvoir débattre de la gestion et des orientations de toutes les entreprises du groupe sur la base de toutes les informations nécessaires.

Source : Collectif National CGT du Crédit Agricole


Agenda

<<

2018

>>

<<

Décembre

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
262728293012
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31123456
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Sites favoris


1 site référencé dans ce secteur

Brèves

1er novembre 2013 - Ecotaxe Poids Lourds

La CGT Transport (Bretagne) nous ouvre d’autres perspectives d’analyses ... pour (...)

26 août 2013 - CHICHE !

Tous droits réservés Marianne 2013 Parution : Hebdomadaire Plus cher que le coût du travail, (...)

21 avril 2013 - ANI - Coup de force au Sénat

En ce 21 avril, alors que le Sénat examinait l’article 4 du projet de loi transposant (...)

2 juillet 2012 - Les bijoux de famille, soldes nationales

Le Crédit Agricole chercherait à se séparer de sa filiale Cheuvreux. Le bruit court, persiste, (...)

27 avril 2012 - Sur le 1er Mai, l’ombre de Pétain

PAR LAURENT MAUDUIT ARTICLE PUBLIÉ LE MARDI 24 AVRIL 2012, sur Mediapart La nouvelle polémique (...)