Le prix de notre électricité

mardi 18 janvier 2022
par  CGI
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Seul le "Marché" ayant droit de citer, nos gouvernants ont voulu nous faire croire que ouvrir le marché de l’électricité à la concurrence serait bon pour nos porte-monnaies.

Aujourd’hui nous assistons à une flambée des prix sans trop comprendre ce qui le justifie.

Comment s’est opérée l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence ?

Mais avant de répondre à cette question revenons un peu en arrière ...

1945, fin d’une guerre mondiale dévastatrice : tout est à reconstruire et les populations privées de tout depuis 5 ans aspirent à vivre bien ! Par ailleurs, les gros industriels ont traversé la guerre sans trop de soucis trouvant quelques effets d’aubaines pour s’enrichir au passage. Des armes trainent encore, alors les aspirations du peuple à vivre mieux sont davantage écoutées.

Pour reconstruire et pour permettre au plus grand nombre d’accéder aux progrès technologiques, il faut de l’énergie en grande quantité et partout sur le territoire. Les investissements pour réparer et développer les centrales de production électriques et la mise en place d’un réseau qui desserve tout le territoire sont immenses. L’état prend en charge cet investissement, rachète toutes les petites centrales de production locales pour parvenir à desservir tout le territoire avec la promesse d’une tarification unique et au meilleur prix.

1946, Electricité de France (EDF) est créée, c’est une EPIC (Entreprise Publique Industrielle et Commerciale) qui va :

  • construire des centrales de production (à charbon, à gasoil, hydrauliques avec la construction de barrages, nucléaires ...), les entretenir
  • mettre en place le maillage du réseau électrique sur tout le territoire, l’entretenir, le moderniser (enterrer les réseaux pour éviter les coupures climatiques etc etc ...)
  • produire et acheminer l’électricité en gérant l’équilibre constant du réseau.

La péréquation tarifaire permet à l’usager qui habite au fin fond d’une vallée difficile d’accès de payer son électricité au même prix que l’usager qui habite à côté de la centrale. Bien sûr aux gros industriels sont consentis des tarifs de gros pour permettre la modernisation du pays et protéger les emplois de ces industries ...

Cette organisation a permis à la fois de maitriser les prix de l’énergie tout en réalisant des résultats indispensables aux investissements que nécessitent la surveillance, la modernisation et le développement de telles installations.

Au début des années 2000, l’ouverture au marché ne s’est opérée que pour la partie commercialisation. Le pouvoir de vendre de l’électricité a été offert à des entreprises privées en revanche la production et l’entretien des infrastructures de production et de distribution sont restés dans le giron d’EDF transformée et morcelée en multiples sociétés.

Ces nouveaux opérateurs sont donc venus vendre un produit fabriqué et distribué par un autre opérateur. Ces nouveaux opérateurs privés devaient aussi parvenir à dégager une marge mais leur installation ne pouvait être réalisée dans un contexte de forte augmentation des tarifs pour les usagers. Alors au nom d’une concurrence libre et non faussée, EDF a été contrainte de leur vendre une certaine quantité de sa production en dessous du coût de fabrication. Bien sur, cette contrainte a engendré l’augmentation du prix de l’électricité vendu par l’opérateur historique. Et les opérateurs privés ont appâtés les consommateurs en proposant des contrats à meilleurs prix pendant quelques mois et en masquant la tarification de services qui étaient inclus dans le prix global de l’électricité chez l’opérateur historique (dépannage, diagnostic etc etc ...).

Conclusion : pour les usagers le prix de l’électricité ne cesse d’augmenter, tous les services deviennent facturés et l’opérateur historique est sans cesse mis sous pression pour céder toujours plus de sa production en dessous du prix de production.

Ainsi en ce début d’année 2022, Le Gouvernement vient de décider avec beaucoup de brutalité, et sans tenir compte de l’avis d’EDF, de relever le plafond de l’ARENH de 100 à 120 TWh. EDF n’aura pas d’autre choix que d’acheter ces 20 TWh au prix du marché de gros, soit environ 300€ le MWh (et probablement plus en mars) pour les céder au prix bradé de 46,2€ à ses concurrents. Obligé de vendre à perte, cette mesure coûtera à EDF plus de 8 milliards d’euros. En plus d’être une ineptie industrielle nationale, toutes les conséquences à court, moyen et long terme n’ont pas encore pu être toutes identifiées.
Les concurrents d’EDF, dont certains grands groupes industriels, se frottent déjà les mains. Le comble est qu’ils n’auront même pas l’obligation de répercuter ce cadeau en baissant les factures de leurs propres clients puisque l’Etat n’a pas les capacités de le vérifier. Ils vont pouvoir se faire un « pognon de dingue ».

A ce petit jeu, ce qui reste d’EDF est menacé car quelle entreprise peut vivre en vendant à perte et en maintenant les lourds investissements nécessaires notamment dans le cadre d’une transition énergétique ?
Les salariés des industries électriques seront donc en grève pour protéger leurs emplois mais aussi pour défendre un service public de l’électricité qui garantit à chacun l’accès à l’énergie électrique, en toute sécurité et au meilleur prix.

Parce NON l’électricité n’est pas un produit comme un autre, nous devons défendre le droit d’accès à l’énergie électrique !!


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