Réfugiés bien plus que migrants !

Tuesday 8 September 2015
par  CGI
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Le poids des mots utilisés conditionne grandement le sentiment collectif.

Nous vivons dans une société matraquée par les médias de problèmes économiques a priori insolubles : la lutte contre l’augmentation de la dette de l’état qui contraint chaque jour à de nouveaux sacrifices, ce coût exorbitant du travail qui pèserait sur nos entreprises et justifierait la pénurie de travail et l’explosion du chômage, les caisses de la protection sociales qui ne suffiraient plus à aider nos pauvres privés d’emploi, nos malades et nos vieux tant il y a de profiteurs venus d’ailleurs...

Dans ces conditions, comment regarder avec bienveillance ce que la plupart de nos politiques présentent au mieux comme un afflux de migrants quand il ne s’agit pas de hordes étrangères transgressant toutes les règles pour envahir nos territoires et profiter de nos avantages ?

Alors oui, la photo de ce petit corps d’un enfant gisant sur la plage, qui plus est un enfant dont le visage ou la tenue vestimentaire ne le distinguent en rien de nos enfants, cette photo nous ramène à la terrible réalité : cet enfant, sa famille, comme tous ces hommes, ces femmes et leurs enfants cherchent à se REFIGIER ! C’est dans un instinct de survie qu’ils fuient la terreur de la guerre !

Mais la conscience collective a cependant du mal à changer de ligne face à des messages politiques toujours savamment brouillés :

  • les « biens pensant » disent « nous avons toujours été une terre d’accueil et nous souhaiterions continuer à l’être mais comment faire ? Soyons raisonnables face à nos capacités d’accueil ! »
  • la bonne conscience répond « contre les guerres nous agissons autant que nous le pouvons mais les problèmes de ces tribus sont complexes »
  • et celui qui veut encore durcir les choses crie « aidons les réfugiés mais fixons les conditions, chassons les profiteurs, limitons l’immigration et imposons la paix » !

En fait, tout cela consistera à accueillir quelques milliers de personnes triées pour soigner la conscience collective et répondre à des besoins précis et continuer comme avant !

Le statut de réfugiés existe déjà, la chasse aux profiteurs est mise en œuvre depuis bien longtemps (1973) par tous les gouvernements successifs ou presque, en même temps que l’immigration ne cesse d’être réglementée, quant à imposer la paix ... comment nos gouvernants comptent-ils le faire ? S’agit-il de faire la guerre ou de continuer à l’entretenir ?

Si le moyen orient et l’Afrique subsaharienne sont aujourd’hui à feu et à sang, les pays occidentaux n’y sont pas complètement étrangers.

Au printemps, la commande d’avions de combat « Rafale » par le Qatar donnaient lieu à des déclarations triomphantes de la part du Président et du gouvernement français. Tous passaient sous silence le fait que le Qatar soutient et finance les milices djihadistes en guerre contre l’armée française au Mali. Comme les soldats américains débarqués en 1944 sur les côtes françaises découvraient que de grandes entreprises industrielles américaines figuraient parmi les fournisseurs de l’occupant nazi, les soldats français risquent leur vie au Mali face à des djihadistes armés par des Puissances, clientes d’industriels français félicités par le « Chef des Armées Françaises » en personne.

Le Qatar, comme son rival régional l’Arabie Saoudite, finance et appuie d’autres organisations terroristes : jusqu’en 2013 il était le plus important financier d’Al-Nosra (rattaché à Al Qaïda), depuis 2013 l’Arabie Saoudite soutient Al-Nosra et le Qatar soutient les dissidents qui ont rejoint DAESH.

Le Qatar est un pays extrêmement riche – ce qui ne l’empêche pas de traiter les ouvriers – souvent d’origine étrangère – comme des esclaves alors de nombreuses puissances occidentales, Etats-Unis et France en tête, cherchent à profiter au maximum des ressources financières colossales du régime en place.

Force est de constater que le gouvernement français n’est pas trop « Charlie » quand il s’agit de faire des affaires avec des Etats aussi fortement impliqués dans le terrorisme international ! La France a même accordé des exonérations fiscales très importantes aux capitalistes Qataris, détenteurs de plus-values immobilières jusqu’à inciter la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale à demander des explications au gouvernement. L’Etat français serait-il lui aussi une « zone d’influence » du Qatar ?

Par ailleurs, le récent accord conclu avec l’Iran montre à quel point des changements radicaux peuvent se produire. En effet les relations entre les Etats-Unis et l’Iran étaient pour le moins très tendues jusqu’en 2013 ! Sous l’administration Bush, le régime iranien était classé par Washington comme appartenant à « l’axe du Mal » et il fallait le combattre par tous les moyens possibles : embargo, sanctions économiques, menaces de bombardements des installations nucléaires et militaires : il ne fallait reculer devant rien pour isoler et affaiblir l’Iran. Et le Président Obama n’a montré ensuite aucun signe de changement radical : on se souvient notamment que la Maison Blanche a fait saisir la justice et condamner la BNP à payer une lourde amende pour avoir effectué des transactions financières avec l’Iran !

Alors comment, en l’espace de quelques mois un pays décrit comme une menace pour la stabilité de la région et qui se heurtait à des positions intransigeantes de la part des puissances occidentales, a-t-il pu se voir accorder d’importantes concessions dans le cadre de son programme d’enrichissement nucléaire ?

Il n’aura échappé à personne que la situation au Moyen-Orient est proche du chaos. Un chaos provoqué d’une part en Irak par l’intervention américaine contre le régime de Saddam Hussein, et d’autre part en Syrie par la répression sanglante menée par le régime de Bachar El-Assad contre toute forme d’opposition. C’est sur ce chaos que l’organisation terroriste DAESH a pu prospérer et étendre son influence. Soulignons d’ailleurs que les services secrets américains ont financé des milices fondamentalistes syriennes dans le but de déstabiliser le régime syrien et d’empêcher le Hezbollah d’étendre son influence dans l’opposition à El-Assad. Ces milices se sont ralliées à DAESH et aujourd’hui pour limiter la progression de DAESH, Washington a besoin de la coopération des deux Etats forts de la région : l’Arabie Saoudite qui est déjà un allié de longue date, et l’Iran. Alors les diplomates américains et iraniens cherchent à résoudre le plus important de leurs différends (et ils y parviennent) pour collaborer militairement contre un ennemi commun.

Mais derrière cette question stratégique régionale se trouve aussi la question énergétique. Les Etats-Unis sont le principal consommateur et importateur de pétrole au monde, ce qui fait de la question énergétique une composante très importante de ses relations internationales. Or, ses relations avec la Russie, deuxième producteur mondial de pétrole derrière l’Arabie Saoudite, se sont considérablement dégradées depuis la crise ukrainienne. D’ailleurs ces tensions avec la Russie se sont concrètement exprimées durant les négociations avec l’IRAN lorsque le ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov a brusquement quitté les pourparlers au plus fort des discussions avant de finalement revenir.

En somme, contrairement à ce qu’affirme la propagande américaine, les Etats-Unis fondent leurs relations extérieures non pas sur des idéaux de justice et liberté mais uniquement sur ses intérêts politiques et économiques. Un tel revirement de position vis-à-vis du régime iranien en est une criante illustration. Devant le chaos créé dans la région dont le gouvernement américain est le principal contributeur, ce dernier est contraint de trouver un partenariat avec un pays qu’il diabolisait il y a quelques temps seulement. Ce réchauffement des relations avec l’IRAN laissait déjà présagé une intensification des opérations militaires au Moyen-Orient, ce que confirme depuis hier le discours de notre Président.

Mais la levée des sanctions contre Téhéran signifie la mise sur le marché mondial du pétrole iranien, ce qui aura pour conséquence d’accentuer la chute récente des cours du pétrole. Cette chute des cours n’est pas favorable à la crise monétaire russe que Moscou s’évertue d’endiguer. Alors cela aura d’autres conséquences ! Un durcissement du bras de fer sur la question ukrainienne pourrait aussi venir alimenter encore un peu plus l’escalade de la violence.

« La guerre est faite par des gens qui ne se connaissent pas et qui se tuent, au profit de gens qui eux, se connaissent et ne se font jamais de mal. » Paul VALÉRY

Mais cet enfant gisant sur une plage n’est en rien un élément déclencheur pour ceux qui dirigent le monde dans le sens indiqué par ceux qui maximisent les profits.

En revanche, cet enfant, les cadavres abandonnés dans des camions, ces femmes et ces hommes entassés à Calais dans ce que nous nommons « la jungle » pourraient nous pousser nous, le peuple, créateur de richesse, à militer davantage pour reprendre les rênes du pouvoir et trouver un autre chemin.

« Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent. » Jean-Paul SARTRE

« La guerre est le problème, pas la solution. »


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