Salaire - Negociation oct/nov 2014

mercredi 3 décembre 2014
par  CGI
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Apres avoir propose une revalorisation de la grille de Remuneration des emplois (RCE) de seulement 8% a horizon 2017, la Delegation patronale a marque, entre mai et septembre, un temps dÂ’arret dans la negociation afin de preparer ses propositions de changements en matiere de garanties conventionnelles dÂ’augementation. Ces changements presentes depuis septembre, bien loin de constituer des avancees sociales ont provoque quelques reactions syndicales amenant la proposition de revalorisation de la grille de RCE a 10% maintenant.

Pour bien comprendre les effets du 10% annonce, il faut se souvenir que la convention collective decoupe le salaire en tranches et le complete par dÂ’autres tranches ainsi : - le SALAIRE ne represente que 73,4% de la « Retribution globale  » - la remuneration des emplois (RCE) seulement 60%.

Il faut aussi preciser quÂ’il ne sÂ’agit pas dÂ’augmentation de SALAIRE mais seulement dÂ’un transfert de valeur : la revalorisation de la grille sera realisee avec lÂ’argent recolte par la renegociation, a la baisse, des autres tranches de « Retribution  » ou Salaire parfois.

Quant aux garanties conventionnelles actuelles, qui se composent de : - garantie sur les enveloppes globales dÂ’augmentation au service des promotions et reconnaissance de competence
elles sont maintenues et mecaniquement augmentees mais toujours distribuees au bon vouloir dÂ’une serie dÂ’arbitres

  • les planchers individuels dÂ’augmentation en cas de promotion qui datent de 2007 sont tres faiblement augmentes : quelques euros de plus.
  • les garanties individuelles sur 4 ans subissent le meme sort mais le perimetre des attributaires est considerablement modifie.
  • les garanties collectives et par classe sur 4 ans sont purement et simplement supprimees au pretexte dÂ’etre mal comprise (on se demande bien par qui ?).

Vous trouverez ici la nego en BD : [>http://www.cgtca.net/IMG/pdf/UNECCA...]

Les cahiers du Salaire présentent les revendications CGT construites a partir de l’analyse des besoins des salaries et des moyens disponibles.

Ces revendications sont celles qui ont ete transmises a la delegation federale et aux autres origanisations syndicales.

La declaration CGT faite en seance de negociation le 30 octobre 2014 et reproduite ci-dessous justifie :

  • les revendications transmises
  • lÂ’appreciation de la CGT au regard des propositions faites autour de la table.

Fin 2013, vous avez choisi de porter sur la table des negociations le dossier « retribution globale  ».

Votre honnetete a reconnaitre enfin la faiblesse du salaire de base dans la « retribution globale  » ouvrait quelques espoirs. Vous nous avez donne rendez-vous et nous sommes venus vous faire part, sans detour et en toute clarte, de nos attentes en matiere de Salaire.

Nous vous avons rappele quelques fondements : - tout salarie qui dispose dÂ’un emploi doit pouvoir vivre et faire vivre sa famille decemment, - il doit aussi pouvoir contribuer dignement au financement collectif et socialise mis en place dans une societe solidaire et fraternelle qui vise lÂ’egalite des Femmes et des Hommes et la Liberte des peuples.

Ainsi les attentes de la CGT sont en priorite basees sur les besoins reels des salaries, des besoins de base recurrents et permanents, tels que le logement, la nourriture, la mobilite, l’acces aux soins, a la culture. Les moyens de couvrir ces besoins doivent etre garantis par le versement d’un SALAIRE FIXE regulierement verse qui ne peut etre inferieur a 2150 € par mois.

Partant de ce minimum indispensable et compte tenu dÂ’une grille de classification des emplois que vous ne souhaitez pas modifier, nous vous proposons une grille de salaire revalorisee qui repond aussi a une autre de nos attentes, que nous vous avons presente lors de notre entretien, celle de limiter lÂ’ecart de salaire entre la base et le haut de la grille. Vous noterez au passage que ce principe qui pourrait etre conteste par ailleurs repond aussi aux besoins de ceux qui voudraient limiter les effets sur leur fiscalite dÂ’une augmentation de salaire « trop importante  ».

Il y a de nombreuses annees deja, vous avez reconnu le retard pris par le salaire de base au Credit Agricole vis-a-vis des salaires dans les autres Banques. Vous avez meme ete en mesure de chiffrer ce retard.

Alors que ni votre politique salariale, ni les garanties conventionnelles actuelles nÂ’ont corrige cette situation, votre proposition de revalorisation de la grille est dÂ’a peine la moitie de ce que certains salaries sont en droit dÂ’attendre.

La revalorisation de 8% proposee, deportee en 2017 au mieux, illustre le peu dÂ’importance que vous accordez au SALAIRE, notamment dans sa dimension socialisee.

Permettez-nous de douter de votre reelle volonte a renforcer la Â’composante differee long-termeÂ’ par lÂ’amelioration de la retraite, grace a lÂ’augmentation du salaire ! De toute evidence, pour vous lÂ’amelioration de cette composante ne passe pas necessairement par la.

Et comme si cette negligence ne suffisait pas, vous avez aussi ose dire que les garanties prevues par la derniere convention collective, vous auraient coute tres cher. Votre outil de maitrise de la masse salariale serait-il mal regle ?

Apres avoir suspendu pendant quelques mois les debats sur ce chantier, vous nous proposez aujourdÂ’hui, sous couvert de lisibilite, de changer des mots et dÂ’adopter de nouvelles regles qui garantiraient une revalorisation de salaire aux personnes qui, dans le systeme actuel, disposent deja pour la plupart dÂ’une revalorisation.

Ainsi, vous annoncez deux choses : les personnes qui a ce jour beneficient dÂ’un systeme qui a conduit aux ecarts de salaire que nous constatons ne disposeront a lÂ’avenir que de garanties minimalistes conventionnelles et les personnes qui, a ce jour, ne disposent que de ces faibles garanties nÂ’auront plus rien.

Une chose est certaine : cela vous coutera moins cher !!

Toutes les options que vous proposez reposent sur lÂ’appreciation subjective de la contribution des uns et des autres, et selon vous cette appreciation nÂ’est pas au cÂœur du debat.

Quand vous evoquez les attentes, votre gestuelle est tres parlante : il sÂ’agit pour vous dÂ’une barre fixe au-dessus de laquelle le salarie doit parvenir a sauter pour esperer entrer dans le respectueux cercle des eligibles a quelques miettes.

A priori, vous semblez faire encore et toujours le choix de valoriser lÂ’individu au detriment du collectif, lÂ’interessement contre le desinteressement, sur des criteres discriminatoires et tres subjectifs, la reussite financiere devient lÂ’unique objectif professionnel, elle passe par la mesure des qualites qui exacerbe la recherche des defauts de lÂ’individu et dans la competition ainsi mise en Âœuvre qui aurait interet a promouvoir les qualites dÂ’autrui ?

Alors quÂ’une entreprise agile, respectueuse de ses salaries, a leur ecoute, prompte a beneficier de toutes les competences dont elle dispose, devrait savoir adapter ses attentes au contexte pour entretenir la flamme de la motivation et pousser collectivement toujours plus loin et plus haut, alors que vous reconnaissez que peu de salaries sont aujourdÂ’hui identifies en accident de parcours, vous refusez de reconnaitre lÂ’experience acquise qui profite inevitablement a lÂ’entreprise.

La CGT vous propose une regle simple et lisible, la CGT vous demande de partager les fruits de lÂ’experience en revalorisant de 2% le salaire de chaque salarie, chaque annee.

AujourdÂ’hui, lÂ’unique interet de la negociation pour le salarie reside dans la revalorisation de la grille de RCE. Mais les origines multiples des transferts proposes pour parvenir a cette revalorisation presentent un interet tres different pour les uns et les autres. La revalorisation telle que proposee est trop faible et trop tardive, la nouvelle regression des garanties conventionnelles que vous proposez et la politique salariale a laquelle nous sommes regulierement confrontee resorbera bien vite ce mince avantage.

Si les constats qui vous ont amenes a ouvrir le chantier « retribution globale  » pouvaient laisser imaginer que vous aviez enfin retrouve la conscience de ce qui constitue la richesse dÂ’une entreprise, ses salaries, le deroule de cette negociation confirme que vous travaillez encore et toujours a lÂ’amelioration du coefficient dÂ’exploitation, en ajustant vos outils pour en donner toujours moins aux salaries, en diminuant la part dÂ’interessement que les dernieres evolutions fiscales rendent moins interessant pour les benefices qui servent les actionnaires, et la generalisation dÂ’un PERCO pourrait constituer la cerise sur le gateau, en permettant au Credit Agricole de conserver une part de ce qui serait verse aux salaries, plus durablement, voire eternellement en cas de seisme financier.

Vous etes la dans le role qui est le votre, celui de defendre les interets dÂ’une classe dominante, qui ne se satisfait pas, elle, du seul positionnement des resultats et des benefices mais recherche en permanence leur progression.

Et face a la pression constante que cette classe exerce pour diminuer le prix du travail, les salaries nÂ’ont aucun interet a renoncer a la progression de leur salaire en se satisfaisant du simple positionnement que vous proposez.

Vous souhaitez conclure rapidement cette negociation, mais votre derniere, honteuse, proposition ne comble meme pas les ecarts nes dÂ’une mauvaise convention collective signee, il y a deja longtemps, par les representants du personnel sÂ’auto qualifiant de responsables, et favorables avec vous, a la maitrise de la masse salariale, a lÂ’amelioration du COefficient dÂ’EXploitation et aux interets financiers de lÂ’Entreprise Credit Agricole. Les graphiques que nous vous avons envoyes hier temoignent de leurs responsabilites.

Vous aimez rappeler a qui veut bien lÂ’entendre quÂ’au Credit Agricole Cooperatif Mutuel, lÂ’Homme est au centre des preoccupations, que le social est inscrit dans son ADN, quÂ’il nÂ’est pas une entreprise comme les autres de par ses statutsÂ…Â…Â…Â…Â….

Des adages, des phrases chocs, qui en verite ne sont que des mots qui cachent de terribles maux, issus de mauvaises conditions de vie des travailleurs, de lÂ’insuffisance des emplois et des salaires.

AujourdÂ’hui vous avez lÂ’occasion a travers le dossier « salaire  » de reajuster vos egarements, dÂ’innover par un accord volontariste dÂ’augmentation generale des salaires qui differencierait lÂ’Entreprise Mutuelle des Entreprises de capitaux.

Et puis, a lÂ’heure ou, dans une Ukraine devastee par la crise et les conditions draconiennes imposees aux masses par le FMI et le gouvernement de Kiev, les ouvriers reprennent la gestion de certaines entreprises et decident dÂ’aligner les salaires des dirigeants et des managers a leur salaire median.

Alors qui sait ? Si la France venait a etre contaminee, vous auriez grand interet a avoir des employes correctement payes !

Les salaries dÂ’une banque mutualiste qui degage dÂ’importants resultats nets peuvent-ils se satisfaire de si peu dans bien longtemps ?

Est-il acceptable au Credit Agricole Mutuel que TOUS les salaries ne disposent pas dÂ’une garantie de reconnaissance de lÂ’experience acquise ?


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