Services Informatiques en Grève

NON ce n’était pas un poisson !!
lundi 7 avril 2014
par  CGI
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 GREVE LE 01 AVRIL !!

C’est le collectif de travail de l’informatique des Caisses régionales (salariés des GIE, détachés et même prestataires) qui a réagi en masse, de manière solidaire et unitaire dans ce mouvement de grève extraordinaire le 01 avril aux portes de tous les sites informatiques.

Et cette mobilisation, décidée collectivement, est un évènement extrêmement RARE au Crédit Agricole dans les secteurs bancaire et informatique, il doit interpeller bien au delà de la Direction des GIE, les DG des Caisses Régionales et la FNCA.

Avec 600 personnes en grève le 01 avril, le constat s’impose : la mobilisation est massive et il faut préciser que le statut de détaché qui concerne plus de 400 personnes a (pour l’heure) limité la libre expression des salariés.

Néanmoins l’’expression est INTENSE, elle doit conduire les Directions à reconsidérer leur stratégie d’amélioration du coefficient qui porte si bien son nom, le coefficient d’EXPLOITATION.

Cette stratégie conduit à la rupture :

  • rupture de la qualité de service à force de rogner sur les budgets nécessaires à bien faire : nous y sommes englués ...
  • rupture de l’engagement des salariés forcés de compenser les économies réalisées au détriment de leur qualité de vie au travail : nous y voilà !
  • rupture de confiance, demain, des « clients », usagers de la banque, confrontés à des facturations grandissantes sans réelles contre-parties en matière de conseils individualisés et services de qualité.

 LES RAISONS DE LA GREVE LE 01 AVRIL

NON, ce n’était pas un poisson !!

Le 27 mars, après un premier coup de semonce, la Direction n’a proposé aucune solution satisfaisante pour répondre aux inquiétudes exprimées, aux dysfonctionnements constatés, à l’épuisement éprouvé, à la frustration signifiée.

Pourtant presque la moitié des salariés de l’informatique (salariés des GIE, salariés détachés et responsables d’unité), présents le vendredi 21 mars, avait débrayé 1 heure, espérant que ce signal d’alarme soit entendu.

6 jours après seulement, la Direction daignait inviter toutes les organisations syndicales pour entendre les doléances qui sont partout, sur tous les sites et dans tous les services, les mêmes. Et les propositions préfabriquées de la Direction n’étaient pas à la mesure de la souffrance et du ras le bol qui se sont exprimés de manière unanime.

La CGT a présenté de concrètes revendications, élaborées avec les salariés, mais personne n’a eu la volonté d’en débattre.

Les salariés, réunis en Assemblées Générales dés le 28 mars, ont jugé par eux mêmes : les 3 propositions de la Direction n’étaient pas de nature à soulager nos conditions de travail devenues exécrables, pas plus qu’elles nous rendront la sérénité au travail à laquelle nous aspirons TOUS.

Alors les salariés ont confirmé la mobilisation du 01 avril préalablement envisagée.

 DES MOBILISATIONS UTILES

Les Assemblées Générales de salariés, menées à l’initiative de la CGT ou de l’Intersyndicale CFDT CFTC CGT SNIACAM SUD, maintenant renforcée par le SNECA-CGC, sont UTILES car :

  • les salariés ont pris conscience que le malaise n’est pas le leur, qu’il est collectif, qu’il devient insupportable et que c’est collectivement qu’il faut exiger des solutions
  • l’expression des salariés confirment ce que dit la CGT depuis bien longtemps : les salariés de l’informatique veulent, avant toute chose, les moyens de bien travailler aujourd’hui, dans une perspective de qualité de service à long terme.
  • les salariés conviennent, au regard des informations échangées, que le Crédit Agricole peut se doter des services de qualité que les salariés voudraient fournir.
  • les salariés soulignent en fin l’absence d’une juste compensation des efforts consentis bien au delà de la charge de travail normale pour laquelle nous recevons un salaire. Et les salariés s’accordent à dire que ces efforts doivent être ponctuels mais que rien ne le garantit plus aujourd’hui !

Puis le débrayage du 21 mars a aussi été utile :

  • les groupes de travail, les observatoires proposés par la Direction sont perçus comme d’éternelles promesses auxquelles les salariés ne croient plus et les primes discriminatoires comme un chantage pour faire taire la révolte et déporter les responsabilités de la Direction vers les managers de proximité.
  • alors les salariés de l’Informatique savent bien que les promesses n’engagent que ceux qui y croient, ils ont pris conscience que dire NON et REFUSER de se soumettre ce n’est pas jouer les rebelles, démunis de toute conscience professionnelle, qui demanderaient la lune.

NON, Se mobiliser, s’opposer, dire NON est une position responsable et UTILE, la seule qui puisse forcer l’écoute et le respect, la seule qui puisse contribuer à faire changer les choses !!

Et la grande mobilisation du 01 avril donne raison aux grévistes - et à la CGT - puisque la négociation du 03 avril entre la Direction et les seules organisations représentatives [1] semble s’être engagée autour de certaines des concrètes revendications portées sur la table, le 27 mars, par la CGT :

  • Maintien des 1863 postes fixés en cible pour CAT et CAS (MOA centrale)
    • La Direction y répond favorablement mais ne s’engage pas à les pourvoir
    • A quoi peuvent bien servir des postes non pourvus ?
    • Comment pourront-ils améliorer nos conditions de travail ?
    • Comment pourrons-nous mieux travailler demain ?
  • Recensement et cartographie des compétences disponibles
    • La Direction répond GPEC (gestion prévissionnelle des emplois et compétences)
    • C’est ce qu’elle répondait déjà en 2012 lors de l’expertise qui pointait du doigt que les salariés étaient la variable d’ajustement qui compensait tous les manquements (organisation, outils etc ...)
    • Mais en 2013, elle expliquait aussi au expert que la GPEC était abandonné au profit de 9 groupes de travail
    • qui peut encore croire en des avancées par ce biais là ?
  • Recrutement des compétences nécessaires à pourvoir progressivement tous les postes par des salariés CAT/CAS ou des détachés de CR avec au moins 170 embauches dès 2014 et a minima 10 recrutements sur chaque site, 100 embauches en 2015, et en 2016 le recrutement des postes encore à pourvoir
    • La Direction avait annoncé 45 embauches aux Etudes d’ici 2017,
    • La Direction semblerait revoir un peu sa copie et annoncerait maintenant 90 embauches d’ici 2016
    • Le double d’un coup d’un seul, c’est mieux !
    • La CGT avait donc raison il y a un manque évident de bras.
    • Mais quelles filières, quels services, quels sites sont concernés ?
    • les sous-effectifs concernent toutes les filières et la pérennité de certains sites est en jeu ...
    • 90 embauches pour plus de 300 postes vacants : est-ce suffisant ? qu’est-ce que cela veut dire ?
  • Charte d’adéquation du budget aux besoins réels des projets
    • no comment ...
  • Une organisation pensée à partir des remontées de terrain pour bien réaliser le plan projet et notamment : un qui fait quoi précis pour fluidifier les relations et soulager le niveau de stress constaté, la publication des postes vacants remise à jour en fonction des réorganisations éventuelles pour éclairer et permettre des évolutions professionnelles sources de motivation
    • Peut-être avec le groupe de travail qui sera un jour pourvu d’un Chef de Projet disposant de 200 jours ...
    • C’est encore pas gagné !!
  • Un plan de formation à la hauteur de nos besoins, formations qui réparent le déficit accumulé, avec a minima 10 j/salarié en moyenne et un engagement de réalisation et d’équité entre les salariés
    • no comment ...
  • Une juste reconnaissance des efforts réalisés en situation difficile avec une prime collective immédiate et égalitaire pour compenser 3 années de patience et de sacrifices et une prime individuelle annuelle pour compenser pendant 3 ans les efforts que seraient encore amenés à faire les salariés à défaut d’effectif ou/et de formations suffisantes : la garantie d’un réel engagement en somme !!
    • La Direction maintiendrait sa prime discriminatoire (ndlr d’un montant probablement moins substantiel sans doute ...)
    • La Direction proposerait une prime collective égalitaire de 150 € (brut bien sur) : mais de qui se moque-t-elle ?
  • paiement des heures de grève et débrayage
    • no comment...

Alors la CGT dit la mobilisation est UTILE : ça semble bouger, ça semble avancer, preuve que c’est encore vivant et que tous les espoirs sont permis.

Mais les maigres propositions qui ont filtré sont encore bien insuffisantes pour répondre aux aspirations exprimées : le compte n’y est pas encore !!

Et vous qu’en pensez-vous ?


Après une si forte mobilisation, les organisations syndicales représentatives ont le devoir de rapidement communiquer les résultats de leurs négociations en toute transparence.

Les salariés doivent pouvoir juger de la pertinence des solutions négociées.


[1] sans la CGT et le SNIACAM


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Commentaires  (fermé)

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mercredi 9 avril 2014 à 12h12, par  Coralie

Quand on lit en info bourse que Jean Paul CHIFFLET a été payé 2,14 millions d’euros en 2013 :

  • 900 000 € en fixe
  • 1,24 millions en variable.

Soit un bond de 38,8% en 1 an.

On comprend mieux pourquoi il lève les bras au ciel à l’annonce des résultats du groupe.
On comprend moins comment une prime de 150 € (contre les 1000 malheureux € demandés) pourrait suffire !!

Sans autre commentaire pour ce qui concerne les autres revendications !!

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